
- 45,6 km de cours d’eau navigable
- Alimentée par six affluents fortement aménagés
- Communes traversées : Arlos, Fos, Saint-Béat-Lez.
- Biodiversité est remarquable et quelques zones encore préservées
La crue de 1875
Une crue hors norme
Après plusieurs jours de pluies intenses, la fonte brutale du manteau neigeux de haute montagne provoque une montée soudaine et continue des eaux. Le lit majeur de la Garonne est intégralement inondé, transformant les plaines en un vaste lac boueux. La décrue ne s’amorce qu’au bout de deux jours, laissant derrière elle un paysage bouleversé.
Des destructions et des pertes humaines considérables
Dans la moyenne vallée, les débordements submergent routes, moulins et habitations. Les digues cèdent par endroits. Saint-Gaudens et ses alentours subissent des dommages sévères. À Toulouse, les inondations atteignent une ampleur dramatique : 208 morts sont recensés, 1 200 maisons détruites. Des familles entières sont sinistrées, et des quartiers entiers restent impraticables plusieurs semaines.
Une vallée marquée à jamais
La crue de 1875, estimée d’une période de retour supérieur à 100 ans dans le secteur de Saint-Gaudens, est considérée comme un événement géomorphologique majeur. Elle redessine les berges, emporte des terres agricoles et déplace durablement le lit de la rivière. Dans l’urgence, des digues et des merlons sont construits pour essayer de protéger les populations.
Cette catastrophe reste dans la mémoire collective comme l’une des plus terribles crues de la Garonne, elle est la crue de référence pour la Garonne moyenne.
Pour voir/télécharger ce contenu au format PDF, cliquez ici.
La crue de 1897
Une vallée bouleversée
Crue centennale, 1897 bouleverse la vallée : glissements de terrain, embâcles rompus, terres envahies.
Ponts, routes et villages sont ravagés, laissant un paysage marqué par la violence des eaux.
Des pluies diluviennes
En quelques heures, plus de 130 mm de pluie et la fonte des neiges déclenchent une crue torrentielle. Les débits atteignent des records — 380 m³/s à Saint-Béat, 1 200 m³/s à Saint-Gaudens — avec des hauteurs d’eau dépassant 4,25 m à Saint-Béat et 3,70 m à Valentine.
Des dégâts considérables
La crue provoque affouillements, ravinements, glissements de terrain et apports massifs de sédiments. Les habitations et infrastructures sont durement touchées :
- Fos : village isolé, RN125 détruite, chapelle et maisons emportées.
- Saint-Béat et Arlos : routes coupées, chemins de drainage ravinés.
- Chaum : fortin démoli, voie ferrée effondrée.
- Fronsac : terrains emportés, maisons inondées, digues fragilisées.
- Barbazan et Estenos : maisons inondées, propriétés dégradées, lavoirs communaux détruits.
Pour voir/télécharger ce contenu au format PDF, cliquez ici.









La crue de 1937
À la fin du mois d’octobre 1937, un épisode pluvieux intense frappe le versant Nord des Pyrénées. La vallée de la Garonne amont et ses affluents, en particulier la Pique, connaissent une réaction torrentielle rapide. À Saint-Béat, la hauteur d’eau atteint 3,40 m, un niveau exceptionnel qui demeure encore aujourd’hui une valeur de référence pour une crue automnale, seulement liée à la pluie.
Des dégâts importants
Les conséquences sontimportantes : routes démolies, infrastructures endommagées, et villages touchés par les inondations. La vallée de la Pique est particulièrement impactée.
Un repère pour la mémoire du risque
L’événement de 1937 est encore utilisé comme une des références dans les études hydrauliques et les PPR, c’est d’ailleurs la crue de référence pour la Neste d’Aure. Sa hauteur exceptionnelle en fait un jalon incontournable pour comprendre la vulnérabilité de la Garonne amont face aux crues automnales et rapides.
Pour voir/télécharger ce contenu au format PDF, cliquez ici.


La crue de mai 1977
Un épisode exceptionnel
Entre le 16 et le 21 mai 1977, le Comminges enregistre près de 300 mm de précipitations. Renforcée par des orages localisés et la fonte des neiges encore actives, une montée rapide et exceptionnelle des eaux, entraîne des crues marquées de la Garonne et de l’Ourse.
Des impacts majeurs à l’échelle locale
La Garonne sort largement de son lit entre Saint-Béat-Lez et Saint-Martory : plaines alluviales submergées, berges érodées, ouvrages endommagés. Routes coupées, infrastructures détruites et quartiers inondés témoignent de la violence des crues. Dans la vallée de l’Ourse, les inondations atteignent jusqu’à 1 m d’eau dans le quartier de la gare à Loures-Barousse.
Le débit de pointe atteint 220 m³/s à Saint-Béat, 400 m³/s à Chaum, 900 m³/s à Valentine, et 100 m³/s pour l’Ourse. Pour l’Ourse la période de retour est supérieure à 20 ans.
Une crue qui a laissée une empreinte
Cette crue a marquée les esprits de celles et ceux qui l’on vécue. L’épisode a mit en lumière la vulnérabilité du territoire. Dans les décennies suivantes, il a joué un rôle majeur dans l’évolution des politiques locales d’aménagement et de prévention, devenant un jalon structurant pour la gestion du risque inondation sur le secteur.
Pour voir/télécharger ce contenu au format PDF, cliquez ici.



La crue de 1982
Des hauteurs d’eau impressionnantes
La Garonne amont réagit brutalement : à Saint-Béat, la hauteur d’eau mesurée atteint 2,75 m le 8 novembre. Un repère de crue officiel en conserve la trace, attestant de l’intensité de l’événement.
Des impacts localisés mais sévères
À Fos, le chemin du Plan d’Arem est emporté et le camping se retrouve sous les eaux. À Saint-Béat, plusieurs infrastructures routières et communales subissent des dommages. Les communes concernées sont reconnues en état de catastrophe naturelle, dans le cadre du dispositif Cat-Nat tout juste créé en 1982.
Un repère pour la mémoire du risque
Cette nouvelle crue illustre la vulnérabilité persistante de la haute vallée de la Garonne et s’inscrit parmi les crues de référence du XXᵉ siècle aux côtés de 1937 et 1977.
Pour voir/télécharger ce contenu au format PDF, cliquez ici.

La crue du 18 juin 2013
Des conditions météorologiques défavorables
- Un épisode de chaleur important en quelques jours (mi-juin) entraîne une fonte des neiges importante et rapide.
- Un printemps frais et pluvieux engendre un accroissement des hauteurs de neige en altitude et retarde ainsi la fonte des neiges, en plaine les sols sont imbibés d’eau.
- Des chutes de neiges hivernales record depuis 40 ans.
- Un orage localisé avec de très fortes précipitations (150 mm, 17 juin) s’abat dans les secteurs du piémont Pyrénéen en Haute-Garonne et en Hautes-Pyrénées.
La crue de la Garonne amont est estimée à une période de retour de 60-70ans, sur la Garonne moyenne de 50-60ans et centennale sur la Pique.
Une vallée marquée à jamais
Près de 3 200 personnes sont relogées ou déplacées, 32 habitants sont hélitreuillés en urgence. Les amas d’embâcles aggravent la situation : 650 recensés sur la Garonne, dont près de 200 à l’amont de Montréjeau. Les dépôts de boues, la déstabilisation des berges et l’isolement de villages marquent durablement la vallée.
Des dégâts considérables
La crue torrentielle provoque incisions, atterrissements et dépôts de sédiments. Les dégâts sont considérables :
- Habitations, commerces et infrastructures touristiques inondés.
- Réseaux d’électricité, d’assainissement et voirie endommagés.
- 120 exploitations agricoles touchées, campings recouverts de boue.
- Place du Gravier à Fos affouillée.
Pour voir/télécharger ce contenu au format PDF, cliquez ici.





La crue de 2022
Des pluies abondantes et un redoux
Sur les Pyrénées centrales, des pluies soutenues s’ajoutent à la fonte du manteau neigeux. En quelques heures, la Garonne amont et ses affluents réagissent brutalement. La vigilance crue atteint l’orange puis le rouge les 9 et 10 janvier, marquant l’ampleur de l’épisode.
L’occurrence de l’évènement est évaluée à 10 – 15ans pour la Garonne amont et 20 ans pour la Garonne moyenne.
Une vallée impactée
À Saint-Béat-Lez, plusieurs rues et commerces sont envahis par l’eau, avec jusqu’à 40 cm relevés dans certains établissements. A Galié, Fos, Chaum et Barbazan, de nombreuses maisons sont inondées.
Impacts et vulnérabilité d’un territoire exposé
La crue de janvier 2022 a une nouvelle fois mis en évidence la fragilité de la haute vallée de la Garonne, la Garonne moyenne est moins impactée. Saint-Béat-Lez, régulièrement touchée par les débordements, a vu commerces, rues et habitations envahis par l’eau. La RN125 s’est vue coupée en 5 points, isolant la vallée de la Garonne amont. Ce village, implanté en fond de vallée est au contact direct du lit majeur, et, est particulièrement vulnérable aux crues rapides. L’événement rappelle la crue de 2013 qui avait particulièrement marqué les esprits.
Pour voir/télécharger ce contenu au format PDF, cliquez ici.




